Trois techniques pour améliorer sa proposition de valeur
Mobal offrait un adaptateur de voyage haut de gamme avec chaque téléphone, sans jamais le mentionner sur son site
- Même quand un visiteur comprend le texte d'un site, sait s'en servir, et y trouve ce qu'il cherchait, il peut encore ne pas comprendre — ou ne pas apprécier — la proposition de valeur qui lui est faite, sans jamais le signaler explicitement.
- Du point de vue du vendeur, la proposition de valeur se résume à Bénéfices moins Coûts ; du point de vue de l'acheteur, plus fidèle à la réalité des décisions, elle se formule comme des Avantages moins des Inconvénients, chacun pondérant différemment chaque caractéristique.
- Problème 1, ne pas préciser ce que fait le produit : « Music, Meet Home » convainc moins que « Play any song in any room from any phone » — le test utilisateur reste la meilleure méthode pour le repérer, des objections sans logique trahissant souvent une incompréhension plutôt qu'un désintérêt.
- Problème 2, oublier de mentionner des bénéfices réels : Mobal offrait un adaptateur de voyage haut de gamme avec chaque téléphone vendu sans jamais le mentionner — l'ajouter a contribué à tripler les ventes de Mobal en un an, et un cas similaire pour Moz a ajouté plus d'un million de dollars de revenu.
- Problème 3, ne pas préciser ce qui se passe après l'achat : les restaurants japonais exposent en vitrine des reproductions en plastique de chaque plat, montrant exactement ce que le client recevra — une projection mentale anticipée que peu de sites occidentaux appliquent.
- Pour Mobal, un schéma expliquant la commande, la livraison, la charge de la batterie et le renouvellement du cycle, conçu pour le marché japonais, a été transféré avec le même succès sur le site américain de l'entreprise.
- Trois questions de contrôle : le produit est-il clairement expliqué dans un langage que n'importe quel visiteur comprendrait sans effort ? Tous les bénéfices réels sont-ils mentionnés ? L'expérience post-achat est-elle explicitée plutôt que laissée à l'imagination du visiteur ?
Deux façons de définir la proposition de valeur
Du point de vue du vendeur, la proposition de valeur se résume à une formule simple : Bénéfices moins Coûts, ces derniers incluant non seulement le prix mais aussi le risque économique et le temps investi. Du point de vue de l'acheteur, plus fidèle à la façon dont les décisions se prennent réellement, elle se formule plutôt comme des Avantages moins des Inconvénients — chaque acheteur pondérant différemment chaque caractéristique selon ses propres besoins (des porte-gobelets à l'arrière d'une voiture ont de la valeur pour certains acheteurs, aucune pour d'autres). Considérer ces deux perspectives comme les deux faces d'une même pièce aide à ne pas perdre de vue l'intuition naturelle de l'acheteur au profit du seul cadre du vendeur.
Problème 1 : ne pas préciser ce que fait le produit
Un langage de marque vague échoue là où un langage clair réussit : « Music, Meet Home » convainc moins que « Play any song in any room from any phone » ; « Introducing the oases of freshness » convainc moins que « Drink pure, freshly-filtered water every day ». Ce problème reste difficile à détecter, car les visiteurs concernés ne disent jamais explicitement « je ne comprends pas votre proposition de valeur » — ils disent plutôt « je me renseigne encore ». Le test utilisateur (voir Cinq niveaux de tests utilisateurs) reste la meilleure méthode pour le repérer : des objections qui n'ont pas de sens logique, ou un silence inhabituel du testeur, trahissent souvent une incompréhension plutôt qu'un désintérêt. Astuce pratique : vérifier si le produit dispose d'une page Wikipédia, souvent rédigée en langage plus clair que la page du fabricant lui-même.
Problème 2 : oublier de mentionner des bénéfices réels
Mobal, l'un des premiers clients de l'agence, offrait un adaptateur de voyage haut de gamme avec chaque téléphone vendu — sans jamais le mentionner sur son site. L'ajouter, d'abord en ligne puis dans les campagnes hors ligne, a contribué à tripler les ventes de Mobal en un an. Un cas similaire pour Moz a ajouté plus d'un million de dollars de revenu en listant des fonctionnalités jusque-là non mentionnées sur sa page d'atterrissage. Pour éviter cette erreur : lister tous les éléments de valeur réellement obtenus par les clients, commander soi-même le produit pour en faire l'inventaire complet avec ses propres yeux, et interroger les clients sur leurs raisons d'achat réelles pour s'assurer que chacune figure bien, avec la visibilité qu'elle mérite, dans les supports marketing.
Problème 3 : ne pas préciser ce qui se passe après l'achat
De nombreux sites, en particulier pour des services, n'aident pas le visiteur à se projeter dans l'expérience post-achat. Une méthode courante au Japon mais rare en Occident illustre cette lacune : les restaurants japonais exposent en vitrine des reproductions en plastique de chaque plat, montrant exactement ce que le client recevra. Des entreprises japonaises appliquent le même principe sous forme de schémas illustrés, façon bande dessinée, qui détaillent chaque étape du processus après la commande — une forme de projection mentale anticipée (future pacing). Pour Mobal, un schéma expliquant la commande, la livraison, la charge de la batterie, le départ à l'étranger, les appels, la facturation détaillée puis le renouvellement du cycle pour un futur voyage, conçu initialement pour le marché japonais, a été transféré avec le même succès sur le site américain de l'entreprise.
Trois questions de contrôle
Le produit ou service est-il clairement expliqué, dans un langage que n'importe quel visiteur comprendrait sans effort ? Tous les bénéfices de valeur réellement obtenus par les clients sont-ils mentionnés, ou certains restent-ils tenus pour acquis en interne ? L'expérience qui suit l'achat est-elle explicitée, ou le visiteur doit-il l'imaginer seul ?
Application pratique
Face à une offre qui semble claire, complète et bien présentée mais qui convertit en dessous des attentes, la question à poser n'est pas quel nouvel argument ajouter, mais laquelle de ces trois lacunes — description floue, bénéfice oublié, ou expérience post-achat non expliquée — reste invisible depuis l'intérieur de l'entreprise, précisément parce qu'elle y est devenue trop évidente pour être mentionnée.
FAQ
Pourquoi un visiteur qui comprend et utilise bien un site peut-il quand même ne pas être convaincu par sa proposition de valeur ? Parce que comprendre le texte, savoir s'en servir et y trouver ce qu'on cherchait n'implique pas nécessairement de comprendre ou d'apprécier la proposition de valeur elle-même. Ce problème reste difficile à détecter, car les visiteurs concernés ne le signalent jamais explicitement.
Quelle différence existe entre la proposition de valeur vue par le vendeur et celle vue par l'acheteur ? Du point de vue du vendeur, elle se résume à Bénéfices moins Coûts, ces derniers incluant le prix, le risque économique et le temps investi. Du point de vue de l'acheteur, plus fidèle à la réalité des décisions, elle se formule comme des Avantages moins des Inconvénients, chaque acheteur pondérant différemment chaque caractéristique.
Pourquoi un langage de marque vague échoue-t-il là où un langage clair réussit ? Parce que « Music, Meet Home » convainc moins que « Play any song in any room from any phone », et « Introducing the oases of freshness » convainc moins que « Drink pure, freshly-filtered water every day ». Un langage vague laisse le visiteur deviner ce qui est réellement proposé plutôt que de le comprendre immédiatement.
Comment détecter qu'un visiteur ne comprend pas la proposition de valeur, alors qu'il ne le dira jamais explicitement ? Via un test utilisateur : des objections qui n'ont pas de sens logique, ou un silence inhabituel du testeur, trahissent souvent une incompréhension plutôt qu'un désintérêt. Vérifier si le produit dispose d'une page Wikipédia, souvent rédigée en langage plus clair que la page du fabricant, constitue aussi une astuce pratique.
Qu'a révélé le cas Mobal sur l'oubli de mentionner des bénéfices réels déjà offerts ? Mobal offrait un adaptateur de voyage haut de gamme avec chaque téléphone vendu, sans jamais le mentionner sur son site. L'ajouter, d'abord en ligne puis dans les campagnes hors ligne, a contribué à tripler les ventes de Mobal en un an — un bénéfice déjà offert mais jamais valorisé.
Comment les restaurants japonais illustrent-ils la projection mentale anticipée pour l'expérience post-achat ? Ils exposent en vitrine des reproductions en plastique de chaque plat, montrant exactement ce que le client recevra avant même de commander. Cette pratique, courante au Japon mais rare en Occident, aide le client à se projeter dans l'expérience post-achat plutôt que de la laisser à son imagination.
Comment Mobal a-t-il appliqué ce même principe de projection mentale à la vente de téléphones ? Via un schéma illustré expliquant la commande, la livraison, la charge de la batterie, le départ à l'étranger, les appels, la facturation détaillée puis le renouvellement du cycle. Conçu initialement pour le marché japonais, ce schéma a été transféré avec le même succès sur le site américain de l'entreprise.
Quelles trois questions de contrôle permettent de diagnostiquer une proposition de valeur défaillante ? Le produit est-il clairement expliqué, dans un langage que n'importe quel visiteur comprendrait sans effort ? Tous les bénéfices de valeur réellement obtenus par les clients sont-ils mentionnés ? L'expérience qui suit l'achat est-elle explicitée, ou le visiteur doit-il l'imaginer seul ?